Revue internationale de Traduction Moderne

المجلة العالمية للترجمة الحديثة

Description

La revue internationale de traduction moderne, fondée en 2004 est éditée par le laboratoire Langues et Traduction, Université Constantine1 Frères Mentouri, publie annuellement des articles caractérisés de rigueur scientifique en plusieurs langues : L’arabe, le français, l’anglais, espagnole…etc. C’est une revue à évaluation anonyme, consacrée aux recherches portant sur la traduction, ses champs d’intérêt se rapportent à la traductotlogie, la traduction spécialisée, la traduction littéraire, la linguistique appliquée. Elle œuvre pour la promotion et la diffusion de savoirs traductologiques, de travaux et résultats de recherche sur la traduction et domaines connexes concernés par l’opération traduisante. أنشأت المجلة العالمية للترجمة الحديثة في سنة 2004 من طرف مجموعة من الباحثين المنخرطين في مخبر اللغات و الترجمة بجامعة قسنطينة الإخوة منتوري ، و هي مجلة سنوية تصدر عن المخبر المذكور و تنشر المقالات العلمية الرصينة بمختلف اللغات مثل العربية، الفرنسية، و الانجليزية و الاسبانية. و تخضع إساهمات الباحثين إلى التحكيم المزدوج و تهتم بنشر تلك المتعلقة بالترجمة و علوم الترجمة، الترجمة الأدبية و الترجمة المتخصصة و اللسانيات التطبيقية و كل الحقول المعرفية المعنية بالعملية الترجمية. كما تهدف المجلة إلى نشر الأبحاث المميزة و ترقيتها عبر النشر الالكتروني و الورقي.

Annonce

Annonce Revue internationale de traduction moderne Actuellement, la revue ne reçoit que les articles THEMATIQUES  (Écritures et mémoires : la littérature traduite comme archive transnationale de

Appel à contributions
Numéro thématique

Revue internationale de traduction moderne

Volume 7, n° 11| 2026

Écritures et mémoires : la littérature traduite comme archive transnationale de l'histoire
Numéro thématique coordonné par Ramila Demane Debbih et Jean-Pierre Castellani

Lorsqu'un lecteur algérien découvre la dictature chilienne à travers Nocturne du Chili de
Roberto Bolaño, lorsqu'un Européen accède à l'histoire des femmes algériennes par L'Amour,
la fantasia d'Assia Djebar traduite en anglais, lorsqu'un Africain lit Récits de la Kolyma de
Varlam Chalamov et comprend le goulag soviétique — quelque chose se produit qui excède le
simple plaisir de lecture. Une forme de savoir historique s'élabore, différente de celle que
proposent les manuels ou les monographies académiques. Plus incarnée. Plus affective. Plus
mémorable.
Ce phénomène, nous le connaissons tous intuitivement. Pourtant, il demeure étrangement peu
théorisé : comment la littérature traduite fabrique-t-elle du savoir sur le passé ? Quelle
connaissance historique circule dans et par la traduction ? Pourquoi certains romans
deviennent-ils, pour des milliers de lecteurs, la porte d'entrée — parfois unique — vers des
pans entiers de l'histoire mondiale ? Pour un jeune Algérien né après l'indépendance, c'est
souvent par Mammeri, Dib, Feraoun ou Kateb Yacine qu'il accède à l'angoisse quotidienne
des populations civiles pendant la guerre, aux dilemmes moraux individuels, à l'ambivalence
identitaire qui traverse les familles. Les travaux de Harbi, Stora ou Meynier lui donneront les
cadres interprétatifs, les données chiffrées, l'analyse politique — mais c'est la fiction qui lui
fera sentir cette histoire dans son corps.
La traduction amplifie ce phénomène à l'échelle mondiale. Elle transforme des œuvres locales
en archives transnationales. Si c'est un homme de Primo Levi, Inyenzi ou les Cafards de
Scholastique Mukasonga, Allah n'est pas obligé d'Ahmadou Kourouma ne sont pas de simples
illustrations littéraires de faits historiques — ils produisent une forme spécifique de

connaissance qui donne accès à la texture du vécu historique là où l'historiographie donne
accès aux structures. Traduire un roman historique, ce n'est jamais simplement transposer des
mots d'une langue à une autre. C'est reconfigurer un savoir, le rendre accessible à de nouveaux
publics, lui donner une nouvelle résonance émotionnelle — et parfois, c'est le transformer.
Mais cette circulation des savoirs littéraires n'a rien d'équitable. Certaines mémoires voyagent
massivement — celles des génocides européens, des guerres mondiales, des grandes
révolutions du Nord. D'autres restent prisonnières de leurs langues d'origine — les guerres
coloniales africaines, les violences de masse en Asie, les dictatures latino-américaines avant
leur « découverte » par le marché éditorial occidental. Les langues-pivots (français, anglais,
espagnol) fonctionnent comme des portes de circulation : une œuvre traduite vers l'anglais
acquiert immédiatement une visibilité planétaire, tandis qu'une œuvre disponible uniquement
en arabe, en swahili ou en portugais demeure confinée à son aire linguistique. Les traductions
Sud-Sud — qui permettraient aux peuples du Sud global de mieux connaître leurs histoires
respectives sans passer par la médiation du Nord — restent marginales. Cette asymétrie n'est
pas un simple fait éditorial. Elle pose une question éthique et politique : qui décide quelles
histoires méritent de voyager ? Quels acteurs (traducteurs, éditeurs, institutions académiques,
médias) ont le pouvoir de sélectionner les mémoires qui circuleront ? Peut-on imaginer une
forme de « justice traductive » qui corrigerait ces déséquilibres ?
Le traducteur n'est pas un simple passeur neutre. Face à un texte historiquement situé, il fait
des choix herméneutiques : faut-il expliciter les références opaques ? Naturaliser les concepts
culturellement ancrés ? Conserver l'étrangeté linguistique au risque de perdre des lecteurs ?
Chaque décision reconfigure l'accès au savoir historique que propose l'œuvre. Le paratexte
devient alors stratégique. Notes de bas de page, préfaces contextualisantes, glossaires,
postfaces explicatives : autant de dispositifs par lesquels le traducteur se fait pédagogue, voire
historien parallèle. Il ne se contente plus de traduire le texte — il l'accompagne d'un appareil
critique qui oriente la lecture, met en perspective, établit des ponts entre l'univers source et
l'univers cible.
Ce numéro invite les chercheurs à interroger ces phénomènes : Quelle est la nature du savoir
historique produit par la fiction traduite ? Comment les traducteurs négocient-ils les référents
historico-culturels opaques ? Pourquoi certaines histoires circulent-elles massivement en
traduction et d'autres pas ? Comment les enseignants mobilisent-ils la littérature traduite dans
leurs cours d'histoire ? Quand et comment une œuvre traduite entre-t-elle dans le « patrimoine
mémoriel » d'une culture d'accueil ? Les contributions pourront explorer ces questions selon
quatre axes : l'épistémologie de la fiction historique traduite | la circulation transnationale des
mémoires littéraires | les pratiques traductives face aux textes historiques | les géopolitiques
de la traduction historique. Toutes les aires linguistiques et toutes les périodes sont
bienvenues. Les approches comparatistes, les études de réception et les analyses de
traductions concrètes sont particulièrement encouragées.
Ces questionnements et d'autres seront au cœur de ce numéro spécial qui a pour vocation
d'appréhender comment la traduction littéraire, en tant qu'acte de reconfiguration culturelle et
mémorielle, entre en résonance avec la production du savoir historique contemporain.

L'objectif serait de mobiliser les différents concepts traductologiques, littéraires et
historiographiques afin d'en mesurer la pertinence dans l'analyse actuelle tout en respectant
l'intégrité de l'œuvre et la singularité des stratégies traductives. On pourrait, à titre indicatif,
envisager les orientations de recherche suivantes :
Axe 1 : Épistémologie de la fiction historique traduite
Le roman historique comme source de connaissance | Statut du témoignage littérarisé traduit |
Légitimité du savoir narratif | Temporalités narratives et mémoire en traduction
Axe 2 : La traduction comme construction d'archives transnationales
Fiction traduite et référence historique | Patrimonialisation mémorielle et canonisation |
Littératures « mineures » et invisibilisation | Retraduction et réactualisation du savoir
historique
Axe 3 : Stratégies traductives et médiation du savoir historique
Le paratexte comme dispositif pédagogique | Traduire les référents historico-culturels |
Intraduisibilité des concepts historiques | Le traducteur comme médiateur culturel et
historique
Axe 4 : Géopolitiques et idéologies de la traduction littéraire historique
Asymétries dans la circulation des mémoires (Sud-Sud, Sud-Nord, Nord-Sud) | Rôle des
éditeurs et institutions | Censure et autocensure | Justice traductive et décolonisation des
savoirs

Bibliographie indicative
BERMAN, Antoine (1984). L'épreuve de l'étranger : Culture et traduction dans l'Allemagne
romantique. Paris : Gallimard.
BERMAN, Antoine (1999). La traduction et la lettre, ou l'auberge du lointain. Paris : Seuil.
BONN, Charles (dir.) (2004). Migrations des identités et des textes entre l'Algérie et la
France, dans les littératures des deux rives. Paris : L'Harmattan.
CASANOVA, Pascale (1999). La République mondiale des lettres. Paris : Seuil.
CASANOVA, Pascale (2015). La langue mondiale : Traduction et domination. Paris : Seuil.
DE CERTEAU, Michel (1975). L'écriture de l'histoire. Paris : Gallimard.
GOUANVIC, Jean-Marc (2007). Pratique sociale de la traduction : Le roman réaliste
américain dans le champ littéraire français (1920-1960). Arras : Artois Presses Université.
LAVOCAT, Françoise (2016). Fait et fiction : Pour une frontière. Paris : Seuil.
LUKÁCS, Georg (1965). Le roman historique. Paris : Payot.
MESCHONNIC, Henri (1999). Poétique du traduire. Lagrasse : Verdier.
MESCHONNIC, Henri (2007). Éthique et politique du traduire. Lagrasse : Verdier.

MOUNIN, Georges (1955). Les Belles infidèles. Paris : Cahiers du Sud.
NORA, Pierre (dir.) (1984-1992). Les lieux de mémoire, 3 volumes. Paris : Gallimard.
RICŒUR, Paul (1983-1985). Temps et récit, 3 volumes. Paris : Seuil.
RICŒUR, Paul (2000). La mémoire, l'histoire, l'oubli. Paris : Seuil.
SAPIRO, Gisèle (dir.) (2008). Translatio : Le marché de la traduction en France à l'heure de
la mondialisation. Paris : CNRS Éditions.
SAPIRO, Gisèle (dir.) (2012). Traduire la littérature et les sciences humaines : Conditions et
obstacles. Paris : Ministère de la Culture - DEPS.
VENUTI, Lawrence (2008). The Translator's Invisibility: A History of Translation, 2e édition.
London/New York : Routledge.
WHITE, Hayden (2017). L'histoire s'écrit : Essais, recensions, interviews (traduit et présenté
par Philippe Carrard). Paris : Éditions de la Sorbonne.

Dates importantes
Lancement de l'appel à contributions : 1er février 2026
Date limite de réception des articles pour évaluation : 30 juin 2026
Notification aux auteurs : 15 septembre 2026
Réception des versions finales : 31 octobre 2026
Mise en ligne du numéro : Début décembre 2026

Modalités de soumission
Langues de rédaction et de publication : français, anglais, arabe, espagnol
Format : 25 000 à 40 000 signes (espaces compris), notes et bibliographie incluses
Normes : Times New Roman 12, interligne 1,5 | APA 7e édition ou MLA
Documents requis : Résumé en français et en anglais (150-200 mots) + 5 mots-clés dans
chaque langue + Notice biobibliographique (100 mots maximum)
Évaluation : Double aveugle par des pairs internationaux

Lien de soumission des articles : https://asjp.cerist.dz/en/PresentationRevue/571

Coordination scientifique

Ramila Demane Debbih
Maître de conférences en Littérature française
Université Constantine 1, Frères Mentouri
Laboratoire Langues et Traduction
Algérie
Jean-Pierre Castellani
Professeur émérite
Université de Tours
France
Contact : dds.ramila@gmail.com | jeanpierrecastellani@hotmail.com

Cette annonce est également disponible sur Fabula :
https://www.fabula.org/actualites/132493/ecritures-et-memoires-la-litterature-traduite-
comme-archive-transnationale-de-l-histoire.html

01-02-2026


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