Paradigmes
Volume 8, Numéro 3, Pages 155-166
2025-07-25
Auteurs : Mahammedi Tahir .
Cet article analyse le roman Une si longue lettre de Mariama Bâ, œuvre majeure de la littérature africaine postcoloniale, en explorant les liens essentiels entre l'écriture, la solitude et l'émergence de la conscience. Il s'agit de démontrer comment l'acte scripturaire, entrepris par la narratrice Ramatoulaye dans la solitude du veuvage et le confinement rituel (iddah), fonctionne non seulement comme un refuge thérapeutique mais surtout comme un processus dynamique de prise de conscience. L'analyse révèle que l'écriture naît de la contrainte de l'isolement, agissant comme un "point d'appui" nécessaire face au désarroi initial. Au fil de la remémoration (auto)biographique, la lettre devient un outil cognitif permettant à Ramatoulaye de déconstruire son passé, d'acquérir une lucidité critique sur sa propre condition (affective, intellectuelle) et de révéler les pesanteurs sociales et patriarcales (polygamie, coutumes) de la société sénégalaise en mutation. L'étude met également en lumière comment l'écriture articule différentes formes de solitude (personnelle, celle d'autres femmes) tout en permettant paradoxalement de forger une parole authentique, affirmant ainsi la dignité et la subjectivité face aux silences imposés. En somme, l'article établit que la plume solitaire est le mécanisme même par lequel la conscience de Ramatoulaye évolue vers une affirmation critique et émancipatrice.
écriture épistolaire ; autobiographie ; conscience ; solitude ; réalité africaine
Keji Felix Faniran
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pages 185-198.
Diop Mouhamadou Bamba
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Niang Hadja Maïmouna
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pages 145-163.
Beloud Fatima Lamia
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pages 121-131.
Osakpolo Igbinovia
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Dare Ehigie
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Princewill Onomejoh
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pages 426-434.