Paradigmes
Volume 9, Numéro 4, Pages 39-55
2026-11-01
Auteurs : Guerroui Mervette .
Cet article propose une étude comparée d'Au commencement était la mer (1996) de Maïssa Bey et de Que sur toi se lamente le tigre (2020) d'Emilienne Malfatto, qui vise à analyser les modalités de représentation du féminicide et des mécanismes oppressifs du patriarcat dans deux espaces géoculturels distincts : l'Algérie et l'Irak. À partir d'une approche croisant les études féministes, la sociologie du genre, la géocritique et l'écopoétique, cette recherche montre que le crime d'honneur ne relève pas d'une violence individuelle, mais constitue l'aboutissement d'un système de contrôle du corps féminin fondé sur des normes sociales, symboliques et culturelles profondément enracinées. L'analyse met d'abord en évidence la manière dont le corps des héroïnes devient le lieu privilégié où s'inscrivent les rapports de domination, les violences physiques et symboliques ainsi que les stratégies de résistance à l'ordre patriarcal. Elle montre ensuite que la mer et le Tigre dépassent leur fonction de simples espaces romanesques pour devenir de véritables instances narratives et mémorielles. Témoins des transgressions, des supplices et des mises à mort des personnages féminins, ces motifs aquatiques inscrivent le destin individuel des protagonistes dans une temporalité plus vaste, où se rejoignent mémoire collective, mythe et tragédie.
crime d'honneur ; corps ; dénonciation ; motif aquatique ; patriarcat
Maizi Moncef
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pages 702-719.
Abdelli Yacine
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pages 214-224.
Hamdi Houda
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pages 783-792.