إدارة
Volume 2, Numéro 2, Pages 63-80
1992-12-01

La Figure De L’administré Dans Le Discours Administratif

Auteurs : Essaid Taib .

Résumé

Les mesures prises pour alléger ou améliorer les rapports entre l’administration et l’administré restent insuffisantes car elles portent en définitive sur des aménagements mineurs. Il n’est que de se pencher sur le courrier des lecteurs de la presse ou de se rendre dans les prétoires des tribunaux pour le constater. Au de la de la question redoutable de la non-effectivité du droit ou de la non application des textes, il apparait que les efforts consentis en la matière tentent d’infléchir l’action et le comportement de l’administration ou du fonctionnaire plutôt que d'élargir les droits de l’administré. Insuffisantes d’abord par rapport à ce qui est attendu de l’application des textes eux-mêmes ensuite et encore plus par rapport aux expériences étrangères. Il n’y a pas eu de volonté politique pour prendre en charge cette question qui est un élément important de la crédibilité de l’administration et partant de l’État, ou pour reprendre un discours d’actualité, établir la confiance entre gouvernants et gouvernés, car le guichet est un condensé de l’image que l’État donne de lui-même. Pourtant à examiner les souhaits du citoyen, les choses paraissant simples : facilités d’accès aux services, meilleure compréhension, suppression des lenteurs, allègement du formalisme, respect de la personne. La figure de l’administration dans le discours administratif prend la forme d’un individu soumis, dépendant et sans réactions, ou du moins perçu comme tel. La clé ne réside-t-elle pas dans la conception que se fait l’administration, et le fonctionnaire, du citoyen : voir en lui avant tout un assujetti. Promulguer des textes de la même manière sur ce que ces textes ont précisément pour objet de combattre n’y changera rien. En tout les cas, il paraît difficile dans ces conditions de demander, comme le fait le décret 88-131, à l’administré « de contribuer à asseoir l’autorité de l’Etat par le respect qu’il porte à l’administration » et même si par ailleurs, le même texte indique que l’administration a « le devoir de protéger les libertés et devoirs reconnus au citoyen par la constitution et la législation ».

Mots clés

Droit administratif, Administration publique, servie public, relation administration –administré, institutions administratives.