إدارة
Volume 15, Numéro 2, Pages 273-308
2005-12-01
Auteurs : Essaid Taib .
La société civile, malgré sa diversité et, pour certains de ses pans, une longue existence, n’arrive pas encore à émerger comme acteur collectif autonome. Si la phase de tératologie a été plus ou moins un succès, la phase de consolidologie a été progressivement réduite à néant autant par choix stratégique du pouvoir que par faiblesse de la société civile elle-même. Malgré les déclarations de principe, le pouvoir, loin s’en faut, n’a pas, pas favorisé et soutenu la liberté associative. Incontestablement, l’Algérie est en crise malgré une manne financière jamais parvenue à ce niveau. C’est dire que l’argent n’est pas un outil suffisant si le pouvoir est en panne d’imagination et manque de conviction. La société civile ne peut être à elle seule un acteur du changement social si l’État ne contribue pas à ce mouvement, se nourrissant ainsi mutuellement. Dans ce contexte, parler de gouvernance s’avère être un pari hardi. Tant au niveau interne qu’externe, on ne peut s’empêcher d’évoquer les emplois différenciés, explicites et occultes, de la gouvernance. Classiquement, elle s’apparente bien plus à des techniques traditionnelles de négociation et de participation. Idéologiquement, elle neutralise la contestation et la revendication par la concertation alors que tous les acteurs n’ont pas le même pouvoir, notamment ceux issus ou représentant la société civile. Depuis plus d’une décennie de pratiques, la gouvernance n’a pas réglé les problèmes ni réduit les inégalités. On peut noter seulement des expériences sectorielles, propres à un département ministériel quand des associations font partie de comités interministériels ou d’administrations collégiales, parfois de conseils d’administration d’établissements publics. Il y a des communes qui ont pris l’initiative d’assurer une présence d’associations dans les commissions municipales ou même de créer une commission de la société civile. Mais, les expériences de collaboration entre les associations et l’administration restent rares. Il est indéniable que la situation de la société civile a favorablement évolué par rapport à la période du parti unique. Les atouts de la société civile sont faibles en tant que mouvement social reposant sur une forte base sociale et dotée d’une légitimité sociologique : en tant que gestionnaire dotée d’une légitimité managériale. L’affaiblissement de la société civile par le pouvoir ne le renforce pas, à long terme il n’en sort que davantage affaibli lui-même car c’est la société en général qui en pâtit en termes de citoyenneté, de civisme, de solidarité, de concertation et de respect de l’État lui-même. * Communication présentée aux actes du colloque international sur la Gouvernance, Alger : école nationale d’administration, 20-21 novembre 2005.
Société civile, mouvement associatif, État, Gouvernance, Algérie.
Bouchaibi Mohamed
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Zerouati Rachid
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pages 470-494.
Jourdain-fortier Clotilde
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pages 86-107.