Journal of Languages and Translation
Volume 6, Numéro 2, Pages 316-328
2026-07-01
Auteurs : Mokrane Hind .
Cet article examine la construction complexe et ambivalente de la figure maternelle dans Je dois tout à ton oubli de Malika Mokeddem, en montrant comment la maternité y est représentée à la croisée de la violence symbolique, de la domination patriarcale et de la souffrance psychique. L’étude se propose d’analyser la manière dont la relation mère/fille se structure autour de la dette, du silence, de la honte, de l’exil et de la rupture identitaire, tout en mettant en lumière les mécanismes de soumission et de résistance qui traversent les personnages féminins. L’approche méthodologique adoptée est résolument interdisciplinaire. Elle articule la critique littéraire à des apports issus de la psychanalyse, des études féministes, de la sociologie de la domination, de la mythocritique et des études postcoloniales. L’analyse s’appuie notamment sur les notions de violence symbolique, de regard disciplinaire, de mutisme traumatique, de dette familiale et de réparation symbolique par l’écriture. Les résultats mettent en évidence que la figure maternelle ne se réduit ni à celle de la victime ni à celle du bourreau, mais se construit dans une profonde ambivalence. L’infanticide, acte fondateur du récit, apparaît comme le noyau symbolique autour duquel se cristallisent la culpabilité, le silence et la transmission de la souffrance entre générations. La relation entre la mère et la fille est également marquée par une violence économique qui transforme le lien filial en rapport de dette et de dépendance. La dissociation linguistique et culturelle liée à l’exil accentue la fracture affective et identitaire entre les deux femmes, inscrivant leur relation dans un cadre postcolonial de domination et de déchirure. Enfin, l’étude montre que la mort de la mère ouvre un espace de reconfiguration narrative. L’écriture devient alors un mode de travail du deuil et un lieu de réparation symbolique partielle, permettant à la narratrice de transformer une relation marquée par l’échec en une mémoire reconstruite. L’article conclut que le roman de Mokeddem fait de l’histoire intime mère/fille une métaphore puissante des violences collectives exercées sur les femmes dans les sociétés patriarcales postcoloniales.
Amibivalence ; figure maternelle ; relation mère fille ; réparation ; violence symbolique
Benmansour Soumya
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Boudjadja Mohamed
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pages 203-211.
Bezzouh Bounceur Djedjigua
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Ourtirane-ramdane Souhila
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pages 1566-1582.
Ziane Sidi Mohammed
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Mokdad Zohra Karima
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pages 452-465.