Langues & Cultures
Volume 6, Numéro 2, Pages 124-144
2025-10-19

L'imagerie De La Guerre Dans L'écriture Africaine Et Francophone Contemporaine : Lecture Des Romans Allah N’est Pas Obligé (a. Kourouma) / Ghawayet Al Harbe (fadwa F. Abbas)

Auteurs : Hassanein Yéhia Taha .

Résumé

Ὰ travers sa nature complexe, à la fois combat des «valeurs » et affrontement contre une dictature, entre légalisme des frontières et droit d’ingérence, la guerre n’a cessé d’envahir le champ de la pensée où elle fait encore parie du paysage mental ; tous les jours nous voyons apparaître sur nos écrans où entendons à la radio des récits où l’horreur fait rage. En plus, les médias nous font assister à des actes de barbarie au moment même où ils se produisent. Mais comment parler de la guerre et ses répercussions dans des œuvres littéraires contemporaines ? Mon approche est documentée par une double référence romanesque issue de deux champs socioculturels, si différents, mais d’une temporalité quasi proche (fin du XXe et début du XXIe siècles) Les titres – Allah n’est pas obligé, aux éditions du Seuil en 2000 et Ghawayet al harbe, publié par le Bureau égyptien des Imprimés en 2005, qui sont placés ensemble par notre choix, dépeignent les ruses et les fureurs de la guerre, tout en dénonçant ses atrocités comme son absurdité par ceux qui les vivent et subissent. Le premier roman, Allah n’est pas obligé, est écrit en français par l’Ivoirien Ahmadou Kourouma qui nous plonge dans une fresque cruelle où chacun subit l’épreuve de la violence de la guerre tribale. Dans le roman, l’écrivain donne la parole à Birahima, son narrateur. C’est un gamin orphelin de douze ans qui a tout perdu et n’a d’autres recours, malgré son jeune âge, «un enfant soldat », il devient une sorte de mercenaire dans les guerres civiles au Liberia qui s’étendent de 1991 jusqu’à 2002. Et plus proche de nous, une autre folie meurtrière nous permet de rouvrir ce chapitre cauchemardesque de la guerre moderne. Mais cette fois-ci, c’est au cœur du Proche-Orient, en Palestine où s’écrivent tragiquement et quotidiennement à grands traits les contours du conflit israélo-palestinien. Le titre-Ghawayet al harbe, que nous pouvons traduire en français par La Tentation de la guerre – est une «odyssée » romanesque de 1047 pages retrace les souffrances que subit le peuple palestinien sous l’occupation israélienne. Dans La Tentation de la guerre, Fadwa F. Abbas donne à son tour la parole à Wagde Chahine, une jeune fille palestinienne vit à Khan Younes, un petit village des territoires occupés, où elle travaille comme une journaliste. Par la voie de la presse, elle cherche à rendre compte de ce tournoiement infernal d’images terribles et effrayantes d’enfants et de femmes tués par l’armée d’occupation. Quelle que soit sa nature coloniale ou tribale, les deux romanciers expriment différemment leur exécration de la guerre. Compte tenu que les guerres ne se ressemblent pas ni les pays, ni les circonstances et les gens moins encore, la problématique choisie devrait intégrer ces paradoxes et donner le moyen de faire la lumière sur leur raison d’être.

Mots clés

Ecrire la guerre ; conflit éthenique ; colonial ; héréditaire ; dystopie