Paradigmes
Volume 8, Numéro 3, Pages 357-371
2025-07-25
Auteurs : Ben Rahal Mériem .
Cet article étudie la manière dont la parole ancestrale s’inscrit dans l’écriture romanesque de Allah n’est pas obligé d’Ahmadou Kourouma, en particulier à travers la voix du narrateur, Birahima. L’auteur utilise cette parole pour tisser un lien entre la tradition orale et les réalités violentes du monde contemporain, en particulier la guerre civile en Afrique. À travers le personnage de Birahima, l’auteur met en lumière la résilience de la parole populaire, héritée de la sagesse ancestrale, qui sert à la fois de vecteur de mémoire et de critique sociale dans un contexte de déshumanisation. L’article expose les multiples formes de l’oralité présentes dans le roman, telles que la langue hybride, les proverbes malinkés, les mythes et les maximes populaires, qui deviennent des outils de résistance culturelle face à l’oppression coloniale et postcoloniale. La parole de Birahima incarne cette tradition oralisée, tout en mettant en évidence la fracture entre la sagesse ancienne et la barbarie contemporaine, notamment à travers les effets de la guerre. En outre, l’oralité devient un moyen de réappropriation identitaire, permettant aux personnages de résister à l’effacement culturel lié à la colonisation et à ses effets sur la société africaine. Enfin, l’étude démontre que l’oralité, loin d’être une simple survivance du passé, constitue une « mémoire vivante », une poétique de la résistance capable de préserver l’identité et de critiquer les injustices contemporaines. Le roman s’inscrit dans une tradition littéraire africaine où la parole ancestrale, même fragmentée et blessée, persiste comme un agent de changement et un moyen d’affirmation culturelle.
oralité ; parole ancestrale ; tradition ; postcolonialisme ; récit africain contemporain
Boukhelou Malika Fatima
.
pages 19-30.
Aït Challal Salah
.
pages 51-57.
كهينة حفاظ
.
pages 7-19.
Lamri Feriel
.
pages 53-58.
Lamri Feriel
.
Benzid Aziza
.
pages 635-645.