Batna Journal of Medical Sciences
Volume 13, Numéro 1, Pages 23-29
2026-05-01

Séroprévalence De L’infection à Vih Et Acceptabilité Du Dépistage Prénatal Chez Les Femmes Enceintes Dans Des Zones Urbaines Et Semi-urbaines De L’est Algérien

Auteurs : Boudiaf Zahira . Bouzbid Sabiha . Djahmi Nassima . Aoures Hayette . Messalhi Naima . Tigha Nadia . Touaref Amel . Nedjai Sabrina . Aidaoui Mekki . Mammeri Amine .

Résumé

Résumé Contexte : Le dépistage du VIH chez la femme enceinte est un pilier des stratégies d’élimination de la transmission mère enfant (eTME) et un indicateur sentinelle de la dynamique épidémique. En Algérie, pays à faible prévalence, les données récentes restent limitées. Objectifs : - Mesurer la séroprévalence du VIH chez les femmes enceintes dans des zones urbaines et des zones semi urbaines de trois wilayas de l'Est Algérien. - Evaluer l’acceptabilité du dépistage prénatal et identifier les facteurs associés à la transmission du VIH Méthodes : Étude transversale multicentrique menée de janvier 2016 à octobre 2017 dans 13 structures prénatales publiques (maternités et centres de protection maternelle et infantile, PMI) des wilayas d’Annaba, Skikda et Tébessa. Toutes les femmes enceintes consultant pour suivi de grossesse, vaccination ou admises pour accouchement, ayant consenti à un test VIH, ont été incluses. Un test rapide d’orientation diagnostiques (TROD) était utilisé pour le dépistage ; les cas positifs étaient confirmés selon l’algorithme national standardisé. Les données sociodémographiques, obstétricales et contextuelles ont été recueillies via un questionnaire préétabli. L’acceptabilité du dépistage était définie comme la proportion de femmes ayant accepté d’être testées parmi celles sensibilisées. La séroprévalence a été estimée avec un intervalle de confiance (IC) à 95 %, et les facteurs associés ont été explorés par régression logistique. Résultats : Sur 11 601 femmes sensibilisées, 7 677 ont accepté le test (acceptabilité globale : 66,17 %). L’acceptabilité était significativement plus élevée en zone semi-urbaine (80,1 %) qu’urbaine (55,9 %) et dans les centres de protection maternelle et infantile (PMI) comparé aux maternités (p<10⁻⁵). Huit cas de VIH ont été diagnostiqués, soit une séroprévalence globale de 1,04 ‰ (IC 95 % : 0,45–2,05). La séroprévalence est plus élevée en zone urbaine (1,335 ‰) qu’en zone semi urbaine (0,763 ‰) avec une différence statistique à la limite de la significativité. La mobilité géographique du conjoint était fortement associée à la séropositivité (OR = 42,5 ; IC 95 %). Conclusion : La séroprévalence du VIH chez les femmes enceintes de l’Est algérien reste faible, mais l’acceptabilité du dépistage est insuffisante, particulièrement en milieu urbain et dans le secteur privé. La mobilité masculine émerge comme un facteur de risque majeur. Le renforcement de l’intégration systématique du test VIH en consultation prénatale associé à l’implication coordonnée de l’ensemble des intervenants et des partenaires, est indispensable pour atteindre les objectifs d’eTME.

Mots clés

VIH ; Femme enceinte ; Dépistage prénatal ; Séroprévalence ; PTME ; eTME