Paradigmes
Volume 9, Numéro 3, Pages 99-115
2026-09-01
Auteurs : Djilah Chafika . Ouled Ali Zineb .
L’œuvre de Salim Bachi est obsédée par la figure du proscrit dans tous ses rôles sociaux que la politique ou l’Histoire prive de son droit d’exister dans l’espace public. Jusqu’aujourd’hui, le proscrit est lu dans le seul prisme de victimité, cet article déplace cette lecture : le proscrit bachien n’est pas passif, il devient systématiquement le relais actif et le producteur, reconduisant sur autrui la logique d'exclusion dont il est lui-même l'objet. C’est dans cette dynamique circulaire que l’œuvre de Salim Bachi se structure et se construit. L’analyse porte sur deux romans séparés par une décennie : Le Chien d’Ulysse (2001) et Amours et Aventures de Sindbad le Marin (2010) ce qui approuve la permanence de ce dispositif circulaire de la proscription à travers des configurations spatiales, narratives et intertextuelles différentes. Le cadre théorique est tripartite, nous articulons : la Géocritique westphalienne (Géocritique, 2007) pour rendre compte des espaces fictionnels de l’exclusion ; la théorie fanonnienne de la violence retournée (Les Damnés de la Terre, 1961) pour éclairer le retournement de la violence sur autrui ; le mécanisme victimaire girardien (La Violence et le Sacré, 1972) pour expliquer la perpétuation de la logique sacrificielle. Le texte bachien ne se contente pas d’écrire cette proscription, il la performe en faisant du texte son propre théâtre de proscription.
Salim Bachi ; circularité de la violence ; exil. ; Sail Bachi ; proscrit ; proscripteur ; circularité de violence ; exil
Chikh Salah Faffa
.
pages 61-69.
Krim Nawel
.
pages 101-116.
Mouloudj Rim
.
pages 400-411.
Djaghout Asma
.
Benmansour Sabiha
.
pages 17-27.