Langues, discours et inter cultures
Volume 10, Numéro 1, Pages 66-89
2026-07-31
Auteurs : Blanes Pierre .
Cet article propose la résonance chansonnière comme hypothèse de travail pour analyser le rapport entre musique et littérature dans la chanson sociale. L'argument articule trois filiations. La cantologie de Stéphane Hirschi pose la chanson comme unité organique où texte, mélodie, voix et gestuelle produisent autre chose que leur somme. La sociologie de Hartmut Rosa décrit la relation au monde selon quatre paramètres – af-fection, é-motion, transformation et indisponibilité. L'expérience incarnée et située d'un corps en interaction avec son milieu fonde l'émergence du sens. La résonance chansonnière désigne la densité de sens issue de l'écosystème de relations entre construction textuelle, configuration musicale, mise en voix et éléments de monde qu'une chanson mobilise, lorsque cet agencement organise une expérience incarnée et située. La démonstration s'éprouve sur trois études de cas. L'Accordéoniste d'Édith Piaf donne à lire une transe chansonnière où le corps vocal prolonge l'instrument. Les Sucettes de Serge Gainsbourg, interprétées par France Gall, montrent une scénographie à double fond qui désactive la résonance. Amsterdam de Jacques Brel active un crescendo vocal dont la portée s'amplifie par la solastalgie du milieu sonore et par l'anaphore « Dans le port d'Amsterdam ». L'article interroge enfin la chanson à l'épreuve de l'intelligence artificielle générative, qui dissout le lien incarné entre voix, corps et monde. Les notions de vacillance et de connotation chansonnière se proposent pour cartographier ce spectre. Cette recherche articule analyse cantologique, approche écosystémique du milieu sonore et pédagogie de la résonance. Elle ouvre la piste d'un pacte chansonnier, à formaliser dans une étude ultérieure.
résonance chansonnière ; chanson sociale ; expérience incarnée ; rapport au monde ; intelligence artificielle
Zouitene Sofiane
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pages 219-230.
Harbadi Madjid
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Othmani Madjid
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pages 1197-1210.
Bakhouche Raïda
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pages 50-57.