revue critique de droit et sciences politiques
Volume 21, Numéro 1, Pages 61-88
2026-06-30
Auteurs : Techa Djoumessi Franck Jiresert .
Cet article cherche à comprendre comment le Cameroun construit sa stratégie de développement à un moment où l'équilibre du monde bouge, avec l'émergence de plusieurs pôles de pouvoir qui recomposent les relations internationales. En regardant de près la politique étrangère du pays et les choix économiques qu'il a faits ces dernières années, on voit que le Cameroun a une avancée dichotomique : d'un côté, il tient à préserver son rôle diplomatique en s'appuyant sur une longue tradition de multilatéralisme ; de l'autre, il est bien obligé de composer avec les fragilités que la nouvelle donne géopolitique a rendues plus criantes, ce qui le pousse à un réalisme économique plus affirmé. Concrètement, cette double approche se lit au travers deplusieurs faits : le pays a assumé la présidence de l'Assemblée générale des Nations unies et a accueilli la Conférence ministérielle de l'OMC à Yaoundé en 2026, preuves qu'il ne tourne pas le dos aux instances internationales. Mais, simultanément, il a passé au crible ses contributions aux différentes organisations et envisage de se retirer de celles qui ne lui semblent pas réellement utiles, question de rendre sa diplomatie plus efficace. Côté économique, l'étude montre à quel point le Cameroun reste exposé à ce qui se passe ailleurs. Par exemple, quand le dollar a baissé face à l’euro, les recettes d’exportation ont pris un coup. Les pertes pourraient atteindre 300 millions de dollars sur le cacao, le pétrole et le bois, mettant directement en danger des dizaines de milliers d'emplois. Alors, devant les anciens accords privilégiés qui s'effritent avec les partenaires traditionnels, le pays cherche à diversifier ses alliances selon trois directions : il renforce sa coopération avec les puissances émergentes comme la Chine, la Turquie ou le Brésil, il mise sur une intégration plus poussée dans la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), et il s'engage dans une politique de transformation intérieure pour produire davantage ce qu'il consomme et réduire sa dépendance. Au bout du compte, ce que montre le cas camerounais, c'est une manière pour les États africains de s'adapter à un monde multipolaire, en essayant de trouver le bon équilibre entre une ouverture intelligente aux échanges mondiaux et la construction d'une autonomie qui les rende moins vulnérables, avec une résilience qui vient d'abord de leurs propres forces.
mondialisation multipolaire ; émergence du Cameroun ; diversification économique ; souveraineté stratégique ; partenaire sud-sud ; géopolitique africaine ; industrialisation
Dubarry Thibaut
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pages 83-108.
Mvaebeme Eric Stéphane
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pages 990-1021.
Ndzana Martin
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Mvogo Gregory
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Mongo Michelle
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pages 62-81.
Ndzana Abena Marie Christiane
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pages 177-190.
Elie Ngongang
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pages 31-60.