Revue algérienne des lettres
Volume 9, Numéro 3, Pages 139-149
2026-06-03
Auteurs : Mouffouk Samia . Benselim Abdelkrim .
Cet article propose une analyse approfondie de la pensée de Frantz Fanon (1925-1961) sur le colonialisme et la violence de la décolonisation. Il explore d’abord la pathologie coloniale telle que Fanon la décrit, notamment l’aliénation psychique du colonisé sous le « regard blanc » et l’intériorisation d’un complexe d’infériorité, ainsi que la « psychose coloniale » qui affecte colonisé et colonisateur. En s’appuyant sur ses travaux cliniques (notamment Peau noire, masques blancs, 1952) et son expérience à l’hôpital de Blida-Joinville (1953-1957), l’article montre que le sentiment d’infériorité est fabriqué par le système colonial. Ensuite, il examine la dialectique de la violence chez Fanon, où la violence coloniale appelle une « contre-violence » du colonisé, perçue comme une « praxis » révolutionnaire libératrice et « désintoxicante », permettant la naissance d’un « homme nouveau ». Enfin, l’étude aborde les nuances postcoloniales chez Fanon : sa critique de la bourgeoisie nationale, son avertissement contre les dérives nationalistes, et sa mise en garde contre une interprétation simpliste de son œuvre comme apologie de la violence. La discussion s’appuiera sur des réceptions contemporaines (Mbembe, Butler, hooks, Mignolo, Davis) pour souligner la pertinence actuelle de Fanon dans les études postcoloniales. Ce travail conclut que Fanon propose une analyse holistique où la transformation de l’être individuel et collectif passe par une réappropriation de l’histoire et une lutte pour l’égalité radicale.
Frantz Fanon ; violence coloniale ; décolonisation ; psyché ; aliénation ; anticolonialisme ; postcolonial
رزقي عبد الكريم
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بوالقندول فوزية
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ص 124-140.
Smat Zied
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pages 52-66.
Benderdouch Nour El Houda
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pages 195-205.