فصل الخطاب
Volume 14, Numéro 3, Pages 493-505
2025-09-30
Auteurs : Djouadi Zina . Mokhtari Fatima Zahra .
Dans Il ne fera pas long feu de Hamid Grine, la figure paternelle est analysée comme une source de traumatisme et de conflit identitaire pour le protagoniste Hassoud. Le récit s'articule autour d'une scène fondatrice de son enfance où, témoin involontaire d'un rapport sexuel entre ses parents, il interprète cette intimité comme une violence faite à sa mère. Cette vision marque durablement sa psyché, créant une association pathologique entre sexualité, pouvoir et humiliation. Le rejet maternel qui suit, lorsqu'elle défend le père en affirmant son droit conjugal, aggrave la blessure, installant une dynamique œdipienne non résolue. Adulte, Hassoud reproduit paradoxalement les schémas qu'il critiquait chez son père : son comportement autoritaire envers les femmes et sa quête de domination révèlent l'échec de son émancipation. Le roman s'inscrit dans une tradition littéraire maghrébine (Kateb Yacine, Yasmina Khadra) où la figure paternelle incarne les contradictions des sociétés postcoloniales, entre tradition aliénante et modernité insaisissable. Grine utilise l'écriture comme espace de réparation symbolique, explorant les non-dits familiaux pour tenter de briser le cycle de reproduction des violences. L'œuvre montre comment les blessures de la filiation conditionnent les trajectures individuelles, tout en soulignant la difficulté à se construire hors des modèles hérités. Entre rejet et mimétisme, le personnage de Hassoud illustre l'impasse d'une quête identitaire prisonnière des fantômes du passé.
traumatisme- ; conflit oedipien- ; reproduction sociale- ; écriture réparatrice- ; filiation
Ouarab Zohra
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pages 171-178.
Chaouche Nadhim
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pages 254-270.
Chaouche Nadhim
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Charef Abdelkader
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pages 549-562.
Chachou Ibtissem
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pages 19-40.