Insaniyat
Volume 8, Numéro 3, Pages 7-25
2004-09-30
Auteurs : Gilbert Meynier .
L’histoire algérienne officielle enseigne que le Front de libération nationale fut révolutionnaire. De fait, il incarna en paroxysme terminal le refus de la domination étrangère et il conduisit une guerre populaire rurale. Mais, au vrai, les projets qu’il dessina pour l’après -indépendance se limitèrent pratiquement à l’émancipation nationale – par un retour aux sources culturelles assez souvent frotté de références traditionalistes, par le recours à l’industrialisation, et plus largement par l’investissement dans un modernisme technophile bien distant d’une modernité renvoyant à des changements culturels en profondeur qui ne furent jamais décisivement promus. Il y eut toutefois des analyses et des projets d’allure révolutionnaire, mais ils furent toujours marginaux et produits à huis clos. La « révolution » du FLN ne se disjoignit pas des réflexes traditionnels du communautarisme. Elle fut scandée au sommet, surtout à titre de rhétorique instrumentale dans le segment militaire finalement triomphant, l’état-major général, dirigé par le colonel Boumediene dans l’entreprise de conquête du pouvoir. Au total, le FLN ne fut guère révolutionnaire si l’on veut dépasser la simple acception d’une révolution anticoloniale, et pour peu que l’on considère les différences de sens entre thawra en arabe et révolution en français. Le FLN ne fut pas un front révolutionnaire. Il fut un front de résistance.
Mouvement national ; colonisation ; FLN ; révolution ; thawra ; communautarisme ; Front de résistance ; état-major général
مهلول جمال الدين
.
ص 59-82.
صباح نوري هادي العبيدي
.
ص 191-214.
Touati Dahmane
.
pages 541-560.