Revue algérienne des lettres
Volume 9, Numéro 3, Pages 99-109
2026-06-03
Auteurs : Metende Ulrich Aurelien .
Cet article examine l’articulation entre clinique et engagement politique chez Frantz Fanon. Nous partirons de l’expérience de Fanon comme médecin chef à l’hôpital de Blida-Joinville, pour démontrer en quoi sa méthode thérapeutique visant à substituer la psychiatrie institutionnelle par une forme de sociothérapie constitue une praxis pour la libération des peuples opprimés. Suivant ce prisme, le soin devient éminemment un acte politique, et le fait qu’il libère les patients attachés sur les lits dès son arrivée et réorganise complètement le fonctionnement du service psychiatrique laisse présager une révolution sociale et politique visant à libérer concrètement les peuples opprimés. Si Fanon démontre que la colonisation entraîne une aliénation générale, elle rend tout le monde fou, la guérison passe dans ce contexte par l’implantation d’une clinique sociale ouverte capable d’accueillir à la fois les colons et les colonisés en vue d’une substitution de leur violence obscène en violence libératrice. Parce que la violence apparaît ainsi comme une catharsis existentielle, la finalité de cet article est de relire l’œuvre de Fanon comme thérapie des corps et des esprits blessés sous le feu de l’actualité des violences raciales et coloniales qui structurent politiquement nos sociétés.
Aliénation, Blida-Joinville, Clinique, Décolonisation, Fanon, Libération, Sociothérapie, Violence.
Maurice Benchetrit
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pages 15-31.
Kacher Abdelkader
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pages 551-558.
Benamsili Lamia
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Fergani Louhab
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pages 970-985.