Batna Journal of Medical Sciences
Volume 13, Numéro 3, Pages 233-237
2026-05-29

Une Forme Grave De Fièvre Boutonneuse Méditerranéenne

Auteurs : Choubane Nabila .

Résumé

La fièvre boutonneuse méditerranéenne est une rickettsiose transmise par les tiques, généralement bénigne mais pouvant évoluer vers des formes graves, voire un décès, en cas de retard diagnostique. Nous rapportons l’observation d’un homme de 56 ans, aux antécédents de diabète de type 2, d’éthylisme chronique et de tabagisme actif, admis initialement aux urgences pour une fièvre associée à des céphalées intenses, une asthénie et des arthromyalgies, sans signe de gravité clinique. Le tableau avait alors été interprété comme un syndrome pseudo-grippal et un traitement symptomatique par paracétamol avait été prescrit, permettant le retour du patient à domicile. Soixante-douze heures plus tard, le patient se représentait pour persistance de la fièvre et apparition secondaire d’une éruption maculo-papuleuse purpurique prédominant aux membres inférieurs. L’anamnèse révélait alors une exposition possible aux tiques lors d’un pique-nique effectué une semaine auparavant, en présence de chiens errants. Le bilan biologique objectivait un syndrome inflammatoire majeur associé à une thrombopénie, une insuffisance rénale aigue, une cytolyse hépatique et une hyponatrémie sévère. Une antibiothérapie par fluoroquinolones a été instaurée et la sérologie pour Rickettsia conorii par immunofluorescence indirecte est revenue secondairement positive, confirmant le diagnostic de fièvre boutonneuse méditerranéenne. L’évolution a été rapidement défavorable, marquée par un choc septique et une défaillance multiviscérale conduisant au décès au dixième jour d’hospitalisation. Cette observation souligne la gravité potentielle de cette infection et rappelle l’importance d’évoquer précocement une rickettsiose devant tout syndrome fébrile inexpliqué en contexte épidémiologique compatible.

Mots clés

Fièvre boutonneuse méditerranéenne ; Rickettsia conorii, ; Physiopathologie ; Retard diagnostique ; Antibiothérapie ; Défaillance multiviscérale