دليل الآداب و اللغات
Volume 4, Numéro 2, Pages 167-185
2025-12-31

Le Beau Verbe Du "laid" Mirabeau

Auteurs : Karaani Marwa .

Résumé

À Athènes puis à Rome, l’éloquence, le fait de savoir bien parler et bien persuader par la parole, était une nécessité dans la vie sociale et politique. Au sujet de cet art ,Aristote, Cicéron ou encore Quintilien ont élaboré de vastes écrits mettant en valeur le bon orateur qui était à cette époque un vir bonus dicendi peritus, un homme d’honneur. L’orateur, en dépit de l’avènement de plusieurs figures définissant le mode socioculturel chaque siècle –le chevalier, le courtisan, l’Honnête Homme, le philosophe,- est toujours sollicité pour participer au mouvement historique. Loin de la conception« représentationnaliste » du langage, qui y voyait une sorte de médium absolument neutre, porteur naturel de la connaissance, la scène révolutionnaire du XVIIIe siècle réhabilitait la parole .Celle-ci acquérait un rôle foncièrement pragmatique pour que l’homme de parole soit l’inspirateur du conseil de la cité, le guide qui mène la communauté .Un véritable acteur, l’orateur veillant essentiellement à la beauté de son verbe car ,comme le souligne Conficius ,sans éloquence, avec la seule beauté, il sera bien difficile d’exister dans le monde actuel .Mirabeau, l’orateur le plus célèbre au siècle des Lumières, a su grâce à son éloquence et en dépit de sa laideur, perturber la classe dirigeante, fasciner son auditoire et interpeller les hommes de lettres à venir, notamment les romantiques.

Mots clés

Laideur ; rhétorique ; beauté ; Mirabeau ; éloquence ; Révolution