Auteurs : Hamadi Meriem .
L’écriture de Scholastique Mukasonga, marquée par la mémoire du génocide des Tutsi du Rwanda, fait du corps un espace de survivance et d’énonciation. Loin d’être un simple support de souffrance, le corps féminin devient chez l’autrice un lieu d’archive et de transmission, où s’inscrivent la douleur, la mémoire et la résistance. À travers la métamorphose corporelle – blessure, silence, rituel ou geste – Mukasonga invente une poétique du trauma qui transcende la représentation documentaire pour atteindre une forme symbolique et réparatrice. Cet article interroge la fonction du corps comme mémoire incarnée et comme stratégie d’écriture, en dialogue avec les théories du trauma de Cathy Caruth, Marianne Hirsch, Judith Butler et David Le Breton. La métamorphose du corps apparaît ainsi comme le vecteur d’une mémoire à la fois individuelle, collective et politique.
corps ; mémoire ; métamorphose ; trauma ; Mukasonga