Auteurs : Bouhadid Nadia .
Cet article se propose d’analyser Extérieur monde d’Olivier Rolin (2019) comme une poétique du déplacement contemporain, où s’articulent errance géographique, solitude existentielle et fragmentation du langage. L’ouvrage déconstruit le modèle traditionnel du récit de voyage initiatique en explorant des « non-lieux » au sens de Marc Augé, espaces anonymes où le sujet tend à se dépersonnaliser. Le narrateur y adopte la posture d’un témoin lucide mais désengagé face aux formes de précarité propres à la modernité liquide décrite par Bauman et aux figures de l’exil pensées par Agamben. Parallèlement, l’écriture fragmentaire et digressive ( Barthes et Derrida) reflète la dispersion du réel et la circulation du sens tout en refusant toute synthèse totalisante. Extérieur monde apparaît dès lors comme une véritable archéologie du présent, interrogeant les conditions de possibilité de l’écriture et de l’habitation dans un monde où la mobilité a remplacé l’ancrage.
Non-lieu ; modernité liquide ; témoin désengagé ; écriture fragmentaire ; archéologie du présent.