journal algérien de médecine
Volume 34, Numéro 3, Pages 68-71
2026-10-06

Les Addictions Chez Les Professionnels De Santé: Prévalence, Facteurs De Risque Et Implications Cliniques Et Sociétales.

Auteurs : Sadouki Y. .

Résumé

Résumé Introduction : Les addictions chez les professionnels de santé représentent un défi majeur de santé publique, affectant non seulement leur bien-être personnel mais aussi la qualité et la sécurité des soins prodigués aux patients. Cette revue narrative approfondie vise à examiner de manière exhaustive les caractéristiques épidémiologiques, les facteurs de risque sous-jacents, les manifestations cliniques et les implications sociétales des troubles liés à l'usage de substances psychoactives au sein de cette population vulnérable. Une attention particulière sera portée à l'intégration des données spécifiques au contexte algérien, afin de fournir une perspective plus nuancée et localisée de ce phénomène complexe. Méthodes : Une recherche bibliographique systématique et rigoureuse a été entreprise à travers plusieurs bases de données scientifiques de premier plan. Les critères d'inclusion ont ciblé les articles évalués par des pairs, les rapports onjciels et les thèses publiés entre 2000 et 2025, couvrant les addictions à diverses substances (alcool, tabac, cannabis, benzodiazépines, opiacés) chez les professionnels de santé. Une analyse qualitative et quantitative a été réalisée pour synthétiser les données relatives aux prévalences, aux facteurs de risque identifiés et aux implications cliniques et sociétales. Résultats : Les données internationales révèlent une prévalence des troubles liés aux substances psychoactives chez les médecins estimées entre 10 et 15 %, l'alcool étant la substance la plus fréquemment impliquée. Des variations significatives sont observées selon les spécialités médicales, avec une vulnérabilité accrue chez les anesthésistes, les urgentistes et les psychiatres. En Algérie, les études disponibles, bien que principalement axées sur le tabagisme, indiquent des prévalences notables, par exemple 10,9% au CHU Beni-Messous et 18,6% à l'hôpital de Laghouat. Les facteurs de risque identifiés incluent le stress professionnel intense, les longues heures de travail, l'accès facilité aux substances et les antécédents personnels ou familiaux de troubles addictifs. Les symptômes peuvent se manifester par des changements d'humeur, des absences répétées, des conflits interpersonnels et des négligences professionnelles. Discussion : Ces résultats mettent en lumière la vulnérabilité des professionnels de santé face aux addictions, une problématique souvent sous-estimée et stigmatisée. Le manque de données exhaustives sur les addictions non tabagiques en Algérie souligne la nécessité de recherches supplémentaires pour mieux comprendre l'ampleur du problème. L'augmentation significative des consultations en addictologie dans le pays témoigne d'un besoin croissant de prise en charge spécialisée. La stigmatisation persistante et la peur des répercussions professionnelles constituent des obstacles majeurs à la recherche d'aide, conduisant souvent à des diagnostics tardifs et à des auto-prescriptions. Des programmes de soutien pluridisciplinaires, intégrant des approches préventives et thérapeutiques, sont essentiels pour favoriser la réinsertion et réduire les risques pour les soignants et les patients. Conclusion: La gestion des addictions chez les professionnels de santé exige une approche proactive et holistique. Il est impératif de renforcer la surveillance, de développer des programmes d'aide adaptés et de promouvoir une culture de soutien et de non-jugement.

Mots clés

Addictions ; Professionnels de santé ; Prévalence ; Facteurs de risque ; Algérie, ; Tabagisme ; Santé publique ; Prise en charge ; Stigmatisation