مجلة العلوم الاجتماعية و الانسانية
Auteurs : Zebiri Abdelkrim . Rahab Mokhtar .
A l’ère de l’IA, pourquoi faut-il établir une défense contre l’« effacement » numérique pour garantir une souveraineté linguistique ? La question est vitale. Certaines langues, principalement, les langues locales ou « peu dotées », risquent de perdre leur utilité, leur visibilité et leur intégrité dans l'espace numérique au profit de langues dominantes (comme l'anglais). Le danger est réel, le risque est l’exclusion technologique. Les grands modèles de langage sont entraînés majoritairement sur des données en anglais. Si une langue locale n'est pas "IA-compatible" (c’est-à-dire qu’elle est une langue peu dotée, faute de données suffisantes pour l'entraîner), signifie que l'intelligence artificielle actuelle ne peut pas la traiter avec la même efficacité que l'anglais. Dans ce cas-là, ses locuteurs sont forcés d'utiliser une langue étrangère pour accéder aux services modernes (santé, banque, éducation), rendant leur propre langue « inutile dans la vie numérique ». Pour lutter contre ce phénomène de l’« effacement numérique » et de celui du « colonialisme algorithmique », il est nécessaire de développer des « communs numériques » : des bases de données ouvertes, des modèles de langage locaux et des politiques publiques de numérisation des patrimoines oraux et écrits.
IA ; langues locales ; effacement numérique ; colonialisme algorithmique ; souveraineté nationale