Cahiers de Recherches en Sciences du Langage
Auteurs : Kazi-tani Lynda .
Cet article propose une analyse traductologique de l'autotraduction chez Samuel Beckett à travers l'étude comparée de Malone meurt (Minuit, 1951) et de sa version anglaise autotraduite Malone Dies (Grove Press, 1956). En mobilisant les outils de la traductologie contemporaine — équivalence dynamique, foreignisation, intraduisible, stratégies compensatoires — et en s'appuyant sur un corpus d'exemples textuels rigoureusement paginés et vérifiés, nous montrons que l'autotraduction beckettienne est un laboratoire où la langue n'est pas seulement un médium mais un matériau de pensée. L'article documente les succès remarquables de cette démarche (recréation rythmique, humour, gestion des ruptures syntaxiques), ses limites irréductibles (pertes sémantiques, inflexions culturelles, instabilité polyphonique), et, pour la première fois dans cette étude, les contre-exemples — ces passages où Beckett traduit de façon quasi littérale, ce qui nuance et enrichit la thèse d'une « réécriture systématique.
Autotraduction ; Samuel Beckett ; stratégies de traduction ; équivalence ; réécriture identitaire