مجلة الخليل في علوم اللسان

La Persuasion Dans Le Cinéma Tunisien : Représentation, Genre Et Pouvoir Dans Les Silences Du Palais Et Fleur D’alep

2026-03-19

Auteurs : Nasraoui Taycir .

Résumé

Cet article analyse la persuasion dans le cinéma tunisien à travers l’étude de Les Silences du Palais (1994) de Moufida Tlatli et Fleur d’Alep (2016) de Ridha El Behi. Il examine comment ces films mobilisent les trois piliers de la rhétorique aristotélicienne—ethos, pathos et logos—pour interroger les structures de pouvoir patriarcales, coloniales et idéologiques, tout en favorisant une émancipation individuelle et collective. Dans Les Silences du Palais, Moufida Tlatli utilise son ethos en tant que pionnière du cinéma tunisien pour dénoncer les oppressions patriarcales et coloniales à travers une narration mêlant mémoire individuelle et collective. Le pathos est intensifié par la souffrance des personnages féminins, tandis que le logos se manifeste dans une critique sociale des normes de genre et des rapports de domination. Dans Fleur d’Alep, Ridha El Behi explore la radicalisation à travers le parcours d’une mère tentant de sauver son fils enrôlé par des extrémistes. Le pathos suscite l’empathie du spectateur en illustrant la souffrance des victimes, tandis que le logos analyse rationnellement les causes et effets de l’endoctrinement. L’ethos du réalisateur repose sur sa dénonciation authentique des conséquences humaines du fanatisme. En combinant ces stratégies rhétoriques, ces films dépassent la simple représentation de la réalité sociale tunisienne pour devenir des outils de résistance et de transformation, affirmant ainsi le pouvoir du cinéma comme un acte de persuasion et d’émancipation.

Mots clés

la persuasion- cinéma tunisien- genre social