Eddissi Languages Journal

Exofiction, Représentation Et Identité Nationale Dans Hhhh De Laurent Binet Et Le Terroriste Noir De Tierno Monénembo

2026-02-21

Auteurs : Medouane Ndafang Edith Bertine .

Résumé

Cet article interroge l’exofiction en tant que dispositif critique de la représentation historique et de l’identité nationale à partir d’une analyse comparée de HHhH de Laurent Binet et de Le terroriste noir de Tierno Monénembo. En prenant pour objet des figures et des événements attestés de la Seconde Guerre mondiale, ces romans mettent en évidence les médiations narratives, les silences archivistiques et les hiérarchies mémorielles qui structurent les récits nationaux. L’étude montre que HHhH fragilise l’imaginaire européen de la Résistance par une réflexivité éthique qui expose les limites de toute reconstitution du passé, tandis que Le terroriste noir déplace le regard vers les marges coloniales en restituant une trajectoire africaine effacée des mémoires institutionnelles. En mobilisant les apports de la philosophie de l’histoire, de la narratologie et des études mémorielles, l’article démontre que l’exofiction ne relativise pas l’histoire, mais en révèle la conflictualité constitutive. Elle ouvre ainsi un espace transnational où l’identité nationale se pense à partir de ses fractures, de ses oublis et de ses reconfigurations narratives. Mots clés : exofiction, représentation historique, mémoire, Résistance, identité nationale, colonialité Abstract This article examines exofiction as a critical mode of historical representation and national identity through a comparative reading of HHhH by Laurent Binet and Le terroriste noir by Tierno Monénembo. Focusing on World War II narratives, it explores how these novels foreground narrative mediation, archival gaps, and mnemonic hierarchies that shape national imaginaries. The study argues that HHhH unsettles European resistance myths through ethical reflexivity that foregrounds the limits of historical reconstruction, whereas Le terroriste noir reorients memory toward colonial margins by narratively restoring an African figure excluded from institutional remembrance. Drawing on philosophy of history, narratology, and memory studies, the article shows that exofiction does not dilute historical rigor but exposes the contested processes through which meaning is produced. By staging memory across borders and temporalities, exofiction enables a transnational rethinking of national identity grounded in conflict, belated recognition, and narrative negotiation.

Mots clés

exofiction, représentation historique, mémoire, Résistance, identité nationale, colonialité ; exofiction, historical representation, memory studies, World War II, national identity, postcolonial perspectives